
Vous dirigez, managez, arbitrez. Chaque jour, vous prenez des dizaines, parfois des centaines de décisions. Certaines stratégiques, d’autres anodines.
Pourtant, toutes puisent dans le même réservoir d’énergie mentale. Et, à force, ce réservoir s’assèche. C’est ce qu’on appelle la fatigue décisionnelle — un phénomène qui impacte la clarté, la performance et le bien-être des professionnels.
Coach professionnel, j'accompagne les dirigeants, cadres, salariés et équipes à identifier, prévenir et transformer cette fatigue en levier de lucidité et d’équilibre.

Dans les situations professionnelles, la prise de décision est au cœur de tout.
Définir une stratégie, trancher entre deux options, arbitrer un conflit, valider un budget… Ces gestes professionnels, répétés sans relâche, sollicitent intensément les ressources cognitives.
Parfois, impossible de choisir par quelle tache commencer jusqu’à la première sollicitation de nos collaborateurs. Rien d’important en apparence… et pourtant, ce petit blocage cache souvent un signal plus profond : le mental est saturé.
Chaque décision, même minime, mobilise attention, jugement et émotion.
Et quand les ressources s’épuisent, la lucidité baisse, la procrastination s’installe et les “tant pis” remplacent les choix réels réalisés en profondeur.
Notre capacité à décider n’est pas infinie. Chaque choix entame notre réserve de clarté mentale. En fin de journée, il devient plus difficile de trancher, de se concentrer ou même de dire non.
On finit par reporter, céder, ou choisir la facilité. Pas par manque de volonté, mais parce que le cerveau, littéralement, n’a plus d’énergie. À ce stade, le cerveau, saturé, cherche à se protéger. Il simplifie, évite, délègue ou décide à la hâte.
C’est là que la fatigue décisionnelle devient dangereuse : les décisions sont prises sous l’effet de l’usure plutôt que de la réflexion.
Le psychologue Roy Baumeister l’a démontré à la fin des années 90: la volonté fonctionne comme un muscle. Elle se fatigue à force d’être sollicitée. Et sans récupération, elle flanche.
Les leaders, les managers, les entrepreneurs, les parents, les créatifs : tous prennent chaque jour un nombre colossal de décisions. Trop de responsabilités, pas assez d’espace mental.
Au-delà de la performance, la fatigue décisionnelle a des effets directs sur la santé mentale et physique. Le cerveau, en surcharge constante, envoie des signaux de détresse que beaucoup ignorent. L’épuisement mental s’accompagne souvent :


Simplifier libère l’esprit.
Repas, tenue, routine matinale, planification hebdomadaire : moins il y a de micro-choix, plus il reste d’énergie pour ce qui compte vraiment.
Déléguer, ce n’est pas seulement délester une tâche, c’est confier une part de décision.
Offrir un cadre, une intention, et laisser l’autre choisir dans sa zone d’autonomie.
C’est ainsi qu’on construit à la fois la confiance… et la clarté.
Irritation, indécision, perte de motivation : autant de signes que la batterie mentale est à plat.
Plutôt que de forcer, mieux vaut ralentir, se recentrer et rééquilibrer.
La fatigue décisionnelle n’est pas une faiblesse. C’est un rappel à l’ordre : celui de protéger son énergie mentale comme une ressource stratégique.
Le véritable leadership ne se mesure pas au nombre de décisions prises, mais à la qualité de présence qu’on y met.
Moins de choix, plus de clarté. Moins de contrôle, plus de discernement. Et surtout, plus de sérénité.
Je vous recommande le livre sur ces sujets de Robert Stahl « Je (re)prends ma vie en main » (Édition Afnor).

Disposez vos tâches sur un graphique avec 4 quartiers : en abscisse de «l’important» au «non important» et en ordonnée du «non urgent» à «l’urgent».
Vous devez veiller à ce que la majorité des tâches ne soient pas toutes dans Urgent et Important.
La loi de Pareto plus connue sous la loi des 80% / 20% nous dit que l’on a tendance à vouloir faire un travail du début à sa fin sans interruption ni compromis.
Il est évident d’après Pareto que ce qui est réellement de notre compétence et efficacité ou a une réelle valeur ajoutée porte sur 20% d’un sujet. Donc si l’on réussit à déléguer les 80% restant, nous avons fait un gain énorme, qui nous permettrait déjà de ne plus être tout le temps dans l’urgence.
Plus connu sous le nom de la « Todo List » vous pouvez lister sous Excel ou dans une application spécifique vos taches à faire.
En les caractérisant par les couples Urgence et importance, vous pouvez facilement les classer par ordre de réalisation, voir en faire une planification et y porter les délégations envisagées en fonction des échéances demandées.
Faire un rétroplanning à 6 mois, un an ou deux ans vous permet de visualiser les projets dans leurs ensembles sur la base de ce qui précède et éventuellement revoir l’affectation de vos ressources.
Personnellement, un jour ou j’ai eu à réaliser un projet monumental de développement de formations et gestion des compétences avec des moyens limités, j’ai été accompagné par un coach qui m’a formé à ces processus. Du projet monumental, j’ai pu le regarder sur deux ans, déterminer les moyens qui me manquaient et proposer ce rétroplanning et les budgets nécessaires pour sa réalisation.
Quelles sont les décisions que vous pourriez automatiser ou déléguer dès aujourd’hui pour retrouver de l’espace mental ?
À décider aujourd’hui : décisions à fort impact immédiat
À déléguer : décisions que quelqu’un d’autre peut prendre avec votre cadre
À différer ou supprimer : décisions non urgentes ou sans réelle valeur
Et surtout, acceptez que tout le reste n’ait pas besoin d’être décidé maintenant.
Ce rituel ne prend que dix minutes, mais il peut transformer votre semaine en allégeant votre esprit et en restaurant votre lucidité.
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Ce qu’ils en disent